En dehors des militaires, c’est encore le syntsha qui arrive à faire plier le gouvernement de Blaise Compaoré. Une première fois en 1997 (lire ci-dessus), Blaise avait décidé de licencier tous les membres du bureau du syntsha. Il a pris un décret et quelques jours après il a dû rétropédaler. Cette fois encore, c’est l’imprudent Luc Adolphe Tiao qui avale les couleuvres du syntsha. Moins d’une semaine après avoir annoncé, devant les députés qu’il n’allait pas reculer, le voilà contraint de se dédire. Le syntsha est donc visiblement un syndicat puissant avec des troupes disciplinées et solidaires, surtout quand il s’agit des intérêts de ses membres et du syndicat. En tout cas ce sont les crises qui le renforcent. Le dernier bras de fer avec le gouvernement a provoqué un regain de militantisme en faveur du syndicat. Des milliers de travailleurs se seraient réinscrits et payés leur cotisation. Les autres syndicats du pays doivent pâlir de jalousie. Et pourtant à regarder de près, le syndicat n’a pas une vie démocratique interne irréprochable. Le bureau actuel est statutairement hors délai. Il est en place depuis 2006. Le syndicat, du point de vue éthique, ne tient pas forcément ses ouailles. Certains s’illustrent par des pratiques franchement condamnables, sans qu’il ne soit possible de les sanctionner. Les premiers responsables disent qu’ils sensibilisent les militants. Certains disent qu’il faut dynamiser les ordres, pour gérer ces questions. En attendant, en certains aspects, l’impression est que les militants du syntsha font comme les adhérents du CDP ; ils viennent au syndicat pour l’impunité que cette appartenance procure. Le syntsha est donc incontestablement un syndicat qui a su maintenir un minimum de cohésion, par l’exemplarité managériale de ses premiers dirigeants, même si certains sont à la retraite et auraient dû passer la main.

 Cependant, il est impératif de trouver le moyen de tenir éthiquement les troupes. Les populations ne comprendront pas que les militants se mettent en grève, dans les hôpitaux publics et se retrouvent à donner des prestations dans des cliniques privées. A cela et à juste raison, le syntsha répond, qu’il faut d’abord résoudre le statut des cliniques privées. Comment peut-on être chef de service dans une formation publique et propriétaire d’une clinique privée ? Ce sont là des choses à revoir, même si elles ne dédouanent pas certains comportements des militants du syntsha. Quand on est sur un tel piédestal, l’observation des principes devient encore plus impérative.

——-

 

Quand le SYNTSHA fait plier le pouvoir

 

Par Germain Bitiou Nama

 1979, 1997, 2013, ce sont là quelques grandes dates qui sont autant d’épreuves de force mémorables entre le syndicat de la santé humaine et animale et les pouvoirs politiques qui se sont succédé au Faso pendant plus de trois décennies. Des luttes sociales qui ont entraîné des sanctions extrêmes dont la révocation de responsables syndicaux. Malgré tout et après chaque épreuve, le phénix réapparaît avec la même constance dans l’expression des doléances et la même détermination à arracher des acquis et au bout, des victoires d’anthologie 

 

 

Quelqu’un a dit que l’expérience est la meilleure école de la vie. Mais l’expérience, c’est aussi l’histoire qui instruit les hommes et qui leur permet de capitaliser la somme des expériences sociales et humaines. Si Luc Adolphe Tiao avait eu ce sens de l’histoire, il n’aurait pas lancé son fameux « jamais ». Jamais le gouvernement ne reviendra sur sa décision. Entendez les sanctions de licenciement qui ont frappé deux agents de santé à Gaoua et à Séguénéga. Une intransigeance qui a choqué nombre de burkinabè. Dans un radio trottoir effectué auprès de ouagalais, radio Burkina s’était fait l’écho de la déception d’une dame qui dit n’avoir pas du tout apprécié que le premier ministre se soit exprimé d’une manière aussi excessive. Quand on se met dans cette posture, toute concession apparaît comme une reculade, voire une défaite personnelle. Personne n’a le monopole de l’intransigeance et l’histoire de ce syndicat devrait inciter à la prudence.

 

La grande grève de 1979

 

C’est une décision du gouvernement du premier ministre Issoufou Conombo qui avait mis le feu à la poudre. Le texte exemptait les femmes des ministres et des présidents d’institution de garde. L’idée est que leurs époux occupant des fonctions importantes d’Etat, les épouses devraient être à côté de leurs maris, en particulier à l’occasion des réceptions et cérémonies mondaines. Bonne occasion de mobilisation pour le syndicat qui appelle aussitôt à la grève contre cette mesure mais en profite pour glisser dans sa plate-forme des revendications très populaires : des indemnités de garde et de logement pour tous les agents de la santé. Mais le gouvernement de l’époque qui avait sans doute mal évalué le rapport de force a parié sur le pourrissement. Mais la détermination des travailleurs du secteur a eu raison du gouvernement. La grève a duré trois mois et le syndicat n’a pas faibli. Les femmes y ont joué un rôle capital. Elles n’ont pas voulu de l’apartheid dans le milieu sanitaire. Au bout de trois mois de lutte héroïque, le texte a été rapporté et des indemnités de garde obtenues pour toutes les catégories de travailleurs soumis à la garde. L’indemnité de logement qui n’était servie qu’aux seuls médecins a été étendue à toutes les autres catégories de travailleurs de la santé. Mais l’application de l’indemnité de garde s’étant révélée fastidieuse (difficultés dans l’établissement des états, longues procédures administratives), le gouvernement a consenti une indemnité forfaitaire à tous les agents (7000F et 9000F respectivement pour les travailleurs de la ville et de la campagne). Cette grande grève réussie est restée dans les mémoires. Elle a ébranlé Issoufou Conombo qui avait trouvé plus fort que lui dans l’intransigeance. Mais auprès des travailleurs les responsables du syndicat étaient auréolés de gloire et d’admiration pour avoir su piloter la lutte avec fermeté et succès.

 

Hubert Yaméogo, la figure historique du Syntsha

 

Homme affable et disert, docteur en pharmacie, Hubert Yaméogo est une figure respectée dans le syndicalisme au Burkina Faso. Rien dans son physique débonnaire ne laisse soupçonner sa force de caractère déroutante. Jamais un mot au dessus de l’autre mais la détermination est omniprésente chez cet homme qui a fait pleurer tant de ministres de la IIIème république. Les révolutionnaires du 4 août ont choisi de résoudre l’équation syndicale par la répression. Hubert Yaméogo est arrêté et incarcéré, de même que nombre de responsables locaux du syntsha. De fait, le syndicat est décapité. Le CNR veut remplacer les organisations sociales par les CDR. Il organise un putsch et installe Pierre Bidima à la tête du Syntsha. C’est la période de la grande répression. Sur le plan social, nombre d’acquis arrachés par le syndicat vont être remis en cause. La carrière des agents va se trouver singulièrement affectée par des mesures de rétrogradation de catégorie. La peur s’installe. Pour autant, Pierre Bidima ne parvient pas à s’imposer aux travailleurs de la santé qui continuent de se reconnaître dans le Syntsha de Hubert Yaméogo. La pression des travailleurs oblige Pierre Bidima à accepter un congrès unitaire qui a lieu en 1988. Le nouveau bureau se verra assigné une mission essentielle : obtenir du pouvoir, une amélioration du statut des travailleurs. Mission accomplie en 1993 avec l’adoption du statut particulier des travailleurs de la santé humaine et animale avec une innovation majeure, la création d’un corps particulier pour les spécialistes. En dépit des conditions difficiles de l’époque, le syntsha aura tout de même réussi à arracher de nombreux acquis touchant à la carrière des agents. Par contre sur le plan des conditions de travail, beaucoup restait à faire. Et c’était le prochain challenge à relever.

 

1997 : une autre grande grève 

 

Gratuité des soins d’urgence, prise en charge gratuite des évacuations sanitaires à l’intérieur du pays, telles étaient les revendications emblématiques de la plate-forme du Syntsha. Les tirades entre le syndicat et le gouvernement vont durer presqu’une année. Pour le gouvernement les revendications du Syntsha ressemblent à un programme de parti politique. Le syndicat rétorque que c’est la traduction du serment d’Hippocrate : « je jure de soigner gratuitement les indigents ». Devant les tergiversations du gouvernement, un préavis de grève est déposé. Il s’agit d’une grève des gardes et des permanences. Le gouvernement s’oppose à cette forme de lutte et requiert un avis juridique. Celui-ci tombe et qualifie d’illégale la forme de la grève. Le syndicat passe outre et appelle les travailleurs à observer le mot d’ordre. Le gouvernement réagit en révoquant tous les membres du bureau national du Syntsha et 7 autres militants du syndicat jugés influents. Devant la campagne de démobilisation orchestrée par le gouvernement, le syndicat institue des sit-in à l’intérieur des services. L’opération est un succès. La mobilisation des travailleurs s’amplifie. Même les agents qui n’avaient jamais fait un jour de grève entrent dans la danse. Tout le corps médical y participe. Le gouvernement est pris à la gorge. Des groupes de médiateurs se forment pour rétablir les ponts coupés entre les parties belligérantes : le Gerddes, les anciens chefs d’Etat, les protestants, les catholiques, les musulmans et même le Moro Naba. Ces facilitations permettent de rétablir le dialogue et de parvenir à un accord. Un communiqué conjoint est signé par les deux parties. Il comporte la levée immédiate des sanctions et l’ouverture de négociations suivant un calendrier précis. Une fois de plus, le Syntsha a gagné sa bataille. Historiquement, aucun pouvoir n’a pu venir à bout de ce syndicat. Sans doute cela tient au caractère sensible du secteur d’activité mais il faut aussi voir du côté du leadership qui a su tisser un lien très fort avec les travailleurs. Dans la dernière épreuve de force avec le gouvernement de Luc Adolphe Tiao, ce dernier s’est mépris en pensant qu’en sanctionnant un militant de base perdu dans l’arrière pays, personne n’allait bouger. Mal lui en a pris !

En dehors des militaires, c’est encore le syntsha qui arrive à faire plier le gouvernement de Blaise Compaoré. Une première fois en 1997 (lire ci-dessus), Blaise avait décidé de licencier tous les membres du bureau du syntsha. Il a pris un décret et quelques jours après il a dû rétropédaler. Cette fois encore, c’est l’imprudent Luc Adolphe Tiao qui avale les couleuvres du syntsha. Moins d’une semaine après avoir annoncé, devant les députés qu’il n’allait pas reculer, le voilà contraint de se dédire. Le syntsha est donc visiblement un syndicat puissant avec des troupes disciplinées et solidaires, surtout quand il s’agit des intérêts de ses membres et du syndicat. En tout cas ce sont les crises qui le renforcent. Le dernier bras de fer avec le gouvernement a provoqué un regain de militantisme en faveur du syndicat. Des milliers de travailleurs se seraient réinscrits et payés leur cotisation. Les autres syndicats du pays doivent pâlir de jalousie. Et pourtant à regarder de près, le syndicat n’a pas une vie démocratique interne irréprochable. Le bureau actuel est statutairement hors délai. Il est en place depuis 2006. Le syndicat, du point de vue éthique, ne tient pas forcément ses ouailles. Certains s’illustrent par des pratiques franchement condamnables, sans qu’il ne soit possible de les sanctionner. Les premiers responsables disent qu’ils sensibilisent les militants. Certains disent qu’il faut dynamiser les ordres, pour gérer ces questions. En attendant, en certains aspects, l’impression est que les militants du syntsha font comme les adhérents du CDP ; ils viennent au syndicat pour l’impunité que cette appartenance procure. Le syntsha est donc incontestablement un syndicat qui a su maintenir un minimum de cohésion, par l’exemplarité managériale de ses premiers dirigeants, même si certains sont à la retraite et auraient dû passer la main.

 Cependant, il est impératif de trouver le moyen de tenir éthiquement les troupes. Les populations ne comprendront pas que les militants se mettent en grève, dans les hôpitaux publics et se retrouvent à donner des prestations dans des cliniques privées. A cela et à juste raison, le syntsha répond, qu’il faut d’abord résoudre le statut des cliniques privées. Comment peut-on être chef de service dans une formation publique et propriétaire d’une clinique privée ? Ce sont là des choses à revoir, même si elles ne dédouanent pas certains comportements des militants du syntsha. Quand on est sur un tel piédestal, l’observation des principes devient encore plus impérative.

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Quand le SYNTSHA fait plier le pouvoir

 

Par Germain Bitiou Nama

 1979, 1997, 2013, ce sont là quelques grandes dates qui sont autant d’épreuves de force mémorables entre le syndicat de la santé humaine et animale et les pouvoirs politiques qui se sont succédé au Faso pendant plus de trois décennies. Des luttes sociales qui ont entraîné des sanctions extrêmes dont la révocation de responsables syndicaux. Malgré tout et après chaque épreuve, le phénix réapparaît avec la même constance dans l’expression des doléances et la même détermination à arracher des acquis et au bout, des victoires d’anthologie 

 

 

Quelqu’un a dit que l’expérience est la meilleure école de la vie. Mais l’expérience, c’est aussi l’histoire qui instruit les hommes et qui leur permet de capitaliser la somme des expériences sociales et humaines. Si Luc Adolphe Tiao avait eu ce sens de l’histoire, il n’aurait pas lancé son fameux « jamais ». Jamais le gouvernement ne reviendra sur sa décision. Entendez les sanctions de licenciement qui ont frappé deux agents de santé à Gaoua et à Séguénéga. Une intransigeance qui a choqué nombre de burkinabè. Dans un radio trottoir effectué auprès de ouagalais, radio Burkina s’était fait l’écho de la déception d’une dame qui dit n’avoir pas du tout apprécié que le premier ministre se soit exprimé d’une manière aussi excessive. Quand on se met dans cette posture, toute concession apparaît comme une reculade, voire une défaite personnelle. Personne n’a le monopole de l’intransigeance et l’histoire de ce syndicat devrait inciter à la prudence.

 

La grande grève de 1979

 

C’est une décision du gouvernement du premier ministre Issoufou Conombo qui avait mis le feu à la poudre. Le texte exemptait les femmes des ministres et des présidents d’institution de garde. L’idée est que leurs époux occupant des fonctions importantes d’Etat, les épouses devraient être à côté de leurs maris, en particulier à l’occasion des réceptions et cérémonies mondaines. Bonne occasion de mobilisation pour le syndicat qui appelle aussitôt à la grève contre cette mesure mais en profite pour glisser dans sa plate-forme des revendications très populaires : des indemnités de garde et de logement pour tous les agents de la santé. Mais le gouvernement de l’époque qui avait sans doute mal évalué le rapport de force a parié sur le pourrissement. Mais la détermination des travailleurs du secteur a eu raison du gouvernement. La grève a duré trois mois et le syndicat n’a pas faibli. Les femmes y ont joué un rôle capital. Elles n’ont pas voulu de l’apartheid dans le milieu sanitaire. Au bout de trois mois de lutte héroïque, le texte a été rapporté et des indemnités de garde obtenues pour toutes les catégories de travailleurs soumis à la garde. L’indemnité de logement qui n’était servie qu’aux seuls médecins a été étendue à toutes les autres catégories de travailleurs de la santé. Mais l’application de l’indemnité de garde s’étant révélée fastidieuse (difficultés dans l’établissement des états, longues procédures administratives), le gouvernement a consenti une indemnité forfaitaire à tous les agents (7000F et 9000F respectivement pour les travailleurs de la ville et de la campagne). Cette grande grève réussie est restée dans les mémoires. Elle a ébranlé Issoufou Conombo qui avait trouvé plus fort que lui dans l’intransigeance. Mais auprès des travailleurs les responsables du syndicat étaient auréolés de gloire et d’admiration pour avoir su piloter la lutte avec fermeté et succès.

 

Hubert Yaméogo, la figure historique du Syntsha

 

Homme affable et disert, docteur en pharmacie, Hubert Yaméogo est une figure respectée dans le syndicalisme au Burkina Faso. Rien dans son physique débonnaire ne laisse soupçonner sa force de caractère déroutante. Jamais un mot au dessus de l’autre mais la détermination est omniprésente chez cet homme qui a fait pleurer tant de ministres de la IIIème république. Les révolutionnaires du 4 août ont choisi de résoudre l’équation syndicale par la répression. Hubert Yaméogo est arrêté et incarcéré, de même que nombre de responsables locaux du syntsha. De fait, le syndicat est décapité. Le CNR veut remplacer les organisations sociales par les CDR. Il organise un putsch et installe Pierre Bidima à la tête du Syntsha. C’est la période de la grande répression. Sur le plan social, nombre d’acquis arrachés par le syndicat vont être remis en cause. La carrière des agents va se trouver singulièrement affectée par des mesures de rétrogradation de catégorie. La peur s’installe. Pour autant, Pierre Bidima ne parvient pas à s’imposer aux travailleurs de la santé qui continuent de se reconnaître dans le Syntsha de Hubert Yaméogo. La pression des travailleurs oblige Pierre Bidima à accepter un congrès unitaire qui a lieu en 1988. Le nouveau bureau se verra assigné une mission essentielle : obtenir du pouvoir, une amélioration du statut des travailleurs. Mission accomplie en 1993 avec l’adoption du statut particulier des travailleurs de la santé humaine et animale avec une innovation majeure, la création d’un corps particulier pour les spécialistes. En dépit des conditions difficiles de l’époque, le syntsha aura tout de même réussi à arracher de nombreux acquis touchant à la carrière des agents. Par contre sur le plan des conditions de travail, beaucoup restait à faire. Et c’était le prochain challenge à relever.

 

1997 : une autre grande grève 

 

Gratuité des soins d’urgence, prise en charge gratuite des évacuations sanitaires à l’intérieur du pays, telles étaient les revendications emblématiques de la plate-forme du Syntsha. Les tirades entre le syndicat et le gouvernement vont durer presqu’une année. Pour le gouvernement les revendications du Syntsha ressemblent à un programme de parti politique. Le syndicat rétorque que c’est la traduction du serment d’Hippocrate : « je jure de soigner gratuitement les indigents ». Devant les tergiversations du gouvernement, un préavis de grève est déposé. Il s’agit d’une grève des gardes et des permanences. Le gouvernement s’oppose à cette forme de lutte et requiert un avis juridique. Celui-ci tombe et qualifie d’illégale la forme de la grève. Le syndicat passe outre et appelle les travailleurs à observer le mot d’ordre. Le gouvernement réagit en révoquant tous les membres du bureau national du Syntsha et 7 autres militants du syndicat jugés influents. Devant la campagne de démobilisation orchestrée par le gouvernement, le syndicat institue des sit-in à l’intérieur des services. L’opération est un succès. La mobilisation des travailleurs s’amplifie. Même les agents qui n’avaient jamais fait un jour de grève entrent dans la danse. Tout le corps médical y participe. Le gouvernement est pris à la gorge. Des groupes de médiateurs se forment pour rétablir les ponts coupés entre les parties belligérantes : le Gerddes, les anciens chefs d’Etat, les protestants, les catholiques, les musulmans et même le Moro Naba. Ces facilitations permettent de rétablir le dialogue et de parvenir à un accord. Un communiqué conjoint est signé par les deux parties. Il comporte la levée immédiate des sanctions et l’ouverture de négociations suivant un calendrier précis. Une fois de plus, le Syntsha a gagné sa bataille. Historiquement, aucun pouvoir n’a pu venir à bout de ce syndicat. Sans doute cela tient au caractère sensible du secteur d’activité mais il faut aussi voir du côté du leadership qui a su tisser un lien très fort avec les travailleurs. Dans la dernière épreuve de force avec le gouvernement de Luc Adolphe Tiao, ce dernier s’est mépris en pensant qu’en sanctionnant un militant de base perdu dans l’arrière pays, personne n’allait bouger. Mal lui en a pris !