remis_ok.jpgJournaliste chevronné, l’homme des cartons rouges, Remis Dandjinou est depuis janvier 2016 ministre de la communication. Neuf mois après, il a accepté nous accorder une interview. Nous étions dans le bureau du ministre le lundi 5 septembre 13 heures, à l’heure du rendez-vous. Prévenu par le protocole de notre présence, il nous rejoint dans la salle d’attente et nous explique : « Je viens de terminer une audience avec les syndicats. Ils ont exigé un communiqué qui consigne ce que nous nous sommes dits. Avec mon équipe, nous sommes en train de rédiger le texte. Je vous demande de patienter quelques minutes. » Mais l’attente aura duré une heure ou plus, signe sans doute de la difficulté à trouver les mots justes. Il finit par nous recevoir. Dans son bureau, deux écrans télés allumés. L’un sur la RTB Télé et l’autre sur Burkina Info. Quoi de plus normal ! L’accueil est bien confraternel et l’ambiance bon enfant. Après quelques confidences, le moment est venu de « passer le ministre à l’interrogatoire ». Les conditions de son entrée au gouvernement et les raisons de son acceptation, les rapports avec les partenaires sociaux (syndicats), la liberté d’expression dans les médias publics. Des questions auxquelles il a répondu sans langue de bois. Lisez plutôt !

Parlez-nous de votre arrivée au gouvernement. Est-elle la traduction de votre proximité avec l’homme ou le parti ?
C’est plutôt la proximité avec un contexte historique et un engagement qui ont surtout été à la base de cet appel du Premier ministre à rejoindre le gouvernement.
C’est vrai qu’avec le président Kaboré on a échangé à certains moments durant cette période difficile de notre pays mais je pense que c’est plus un engagement dans la lutte à différents moments dans la lutte qui m’a valu cet appel.

Quand vous dites que vous avez échangé avec le président Kaboré, c’était en perspective d’entrer dans le gouvernement ?
Non ! Non ! Non ! Pas en perspective. J’ai eu la chance d’échanger avec lui sur la situation nationale. C’était plutôt des questions comme ça. La question du gouvernement ne s’est jamais posée entre lui et moi à aucun moment. L’appel au gouvernement a été pour moi une surprise.

Ces échanges, c’était avant qu’il ne soit élu président ou après ?
Avant. Elu président je ne l’ai rencontré que très peu de fois, souvent en tant que journaliste. Mais jamais il ne m’est venu à l’idée que je me retrouverai dans une situation comme celle-là.

Vous avez tantôt évoqué un contexte historique. Vous pouvez nous la situer ?
Je pense quand même que j’ai eu, comme beaucoup de journalistes et d’acteurs de la société civile, un engagement pour les changements démocratiques dans notre pays qui ne datent pas notamment de l’insurrection, qui ont été réguliers et structurants. C’est peut-être dû au fait que nous avions besoin, à la sortie de l’insurrection, d’une ouverture à l’ensemble des acteurs que j’ai été appelé. Voilà pourquoi je dis que c’est un contexte, un contexte d’ensemble où vous aviez des acteurs de la société civile comme Rémy Dandjinou mais vous aviez aussi des acteurs politiques de différentes espèces qui ont, chacun à sa façon, participé durant des années, de façon permanente et forte, à ce changement.

Selon certaines informations, le président Kaboré, dans sa façon de mener sa politique en termes de communication, a ciblé un certain nombre de médias dont le vôtre.
(Il soupire) Non ! Je vous… Si vous regardez Burkina Info aujourd’hui, la critique, elle est permanente. J’aime à dire que j’ai été appelé à cet honneur que celui d’être ministre au service de la République, j’ai eu cette difficulté de savoir qui je vais mettre comme directeur de Burkina Info qui est une télévision que j’ai portée vraiment avec ce qu’on peut porter dans les tripes pour créer un organe de presse. J’ai eu des propositions de Burkinabè, de personnes de la sous-région de l’UEMOA. Avec mon associé, nous avons fait le choix de prendre un jeune qui était très acerbe et très dur avec moi, notamment pour mon entrée au gouvernement, qui est Ismaël Ouédraogo. C’était notre façon à nous de nous dire que nous garantissons à cet organe une neutralité, entre guillemets en tout cas, un traitement le plus professionnel possible de l’information. Je vous dis qu’au jour d’aujourd’hui, ça fait neuf mois que je suis ministre de la communication. Avec Burkina Info, j’ai des relations qui sont de plus en plus éloignées. C’est-à-dire que je suis la télévision mais je n’interviens plus à l’intérieur. Si j’interviens c’est vraiment en tant que téléspectateur qui apprécie un contenu, qui apprécie un décor ou qui n’aime pas un décor, la ligne éditoriale, les invités qu’ils ont, ce qu’ils disent. Les remaniements de la grille qu’ils font je les découvre comme les autres téléspectateurs. C’est vraiment pour moi une garantie d’équidistance à ce niveau-là. Cela peut paraître extraordinaire et pourtant c’est la pure réalité.

8.jpgJustement pour beaucoup de téléspectateurs c’est tout de même un espoir brisé parce que Remy Dandjinou ce n’est pas n’importe quel journaliste. Il a une certaine image, c’est un journaliste qui montait. On s’attendait à ce que, compte tenu du fait que le média venait d’être acquis, qu’il y reste pour consolider, le rendre plus rayonnant à travers l’Afrique entière. Et voilà, paf ! Il est parti. Cela a créé une déception. Comment réagissez-vous à ce sentiment ?
Il est compréhensible. Seulement à un moment donné, le citoyen que je suis s’est posé un certain nombre de questions. Il y a cette possibilité de dire est ce que je reste dans la critique permanente ou j’ai cette possibilité aussi, pour une fois d’essayer de mettre en œuvre quelques-unes des idées fortes que j’ai eues durant tout mon engagement en tant que journaliste, en tant que citoyen. Ça été un élément important et puis j’ai fait le choix en me disant que c’est une opportunité de pouvoir participer à la construction de ce nouveau Burkina. Je pense qu’après tous les temps d’engagement que j’avais eu il était bien que je puisse, pour une fois, rendre actif, matériel ce pour quoi je me suis battu, je me suis engagé. C’est vrai que cela peut laisser des déceptions parce que rien ne dit que le résultat sera à la hauteur de mes attentes et des attentes de ceux qui m’ont vu rentrer dans ce gouvernement là mais je pense qu’au moins je le fais de bonne foi et que j’espère vraiment aboutir à ce que, dans le cadre de la communication, des médias de la presse écrite, audiovisuels et radiodiffusés, que ce soit public ou privé, que nous ayons des avancées notables.

Dans un passé récent vous avez déclaré qu’il n’est pas opportun d’avoir un ministère de la communication, qu’une simple direction générale suffisait. Ironie du sort, aujourd’hui vous êtes ministre de la communication. Comment vous vivez cela ?
(Il sourit) Non ! Ce n’est pas une ironie du sort. J’étais sur le point d’engager une procédure judiciaire contre le ministère de la communication parce que la TNT (Télévision numérique terrestre, ndlr) ne se mettait pas en place. Heureusement que je ne l’ai pas engagé parce que j’allais rester dans une situation où j’aurais engagé une action judiciaire contre le ministère et je me serais retrouvé dans une situation où il y a ce problème-là. Personnellement je pense qu’il n’y a pas d’ironie du sort. Je peux vous préciser mon propos. Là on se comprendra peut-être mieux. Nous avons un ministère de la communication et en charge des relations avec le parlement. Au niveau de la communication vous avez des médias d’Etat qui veulent devenir des sociétés d’Etat, donc qui, à un moment donné, seront soumis à un cahier de charges édité par le Conseil supérieur de la communication. Vous avez une presse écrite, Sidwaya qui, elle, veut être régie comme tous les autres organes. Je me suis donc posé la question de savoir s’il était toujours nécessaire d’avoir ce ministère de la communication à partir du moment où on aura un service d’information du gouvernement (SIG) qui soit porteur de l’information gouvernementale et que les médias de service public, des médias d’Etat, puisqu’ils vont assurer un traitement à équidistance. Quelle que soit la formule que l’on choisit en termes de répartition d’espace, un temps devra être destiné à la diffusion de l’actualité et de l’activité gouvernementale, à cette communication que le gouvernement met en œuvre à travers ces médias dans lesquels il est quand même le principal pourvoyeur de fonds. Voilà un peu l’idée que j’avance. Mais c’est une idée qui doit être portée à maturation et qui va mettre du temps. Il faut déjà que nous renforcions le SIG et l’une des premières choses que nous avons entreprise c’est de travailler sur le décret. On a fait des ateliers pour savoir si le SIG va être transféré au premier ministère ou pas. On a vu les expériences de la France, de la Côte d’Ivoire. On a des propositions à faire à ce niveau pour que le SIG soit plus important. Pour la première fois nous sommes arrivés à faire un script au titre de la loi des finances qui va être discutée, peut-être qu’elle va être acceptée ou pas, mais nous avons déjà proposé que le SIG ait un budget destiné à la communication gouvernementale, ce qui n’existait pas avant, pour recentrer la communication au niveau du SIG. Donc je pense que ce n’est pas une ironie du tout. C’est simplement l’opportunité qui m’est donnée de dire justement : tu penses à ça, vas-y, mets en œuvre cette idée jusqu’au bout. Voilà un peu comment j’ai vu ça. J’ai la chance de me dire tiens ! Tu as parlé de quelque chose. Aujourd’hui tu peux le mettre en œuvre tant que bien sûr ça va rester en adéquation avec ce que le gouvernement aura décidé, ce que le chef de l’Etat qui est la personne élue au sein de cet exécutif verra comme arbitrage à faire.

Donc vous travaillez à ce que cette idée soit concrétisée un jour ?
Je travaille à ce que le SIG soit important pour que le ministère de la communication ne soit pas celui qui est obligé de porter la communication gouvernementale, qu’il y ait véritablement un service d’information du gouvernement fort et puissant qui puisse fédérer les directions de la communication et de la presse ministérielle, qui puisse fédérer la communication gouvernementale, et qu’à côté nous ayons des médias d’Etat qui soient de plus en plus des médias de service public, avec des conventions signées avec le CSC et qui ait justement cette opportunité d’avoir toutes les opinions qui se diffusent à l’intérieur sans qu’il n’y ait de pression aucune. Je voudrais juste rappeler la petite anecdote. Je suis de ceux qui ont défendu, lorsqu’on mettait en place la loi sur la presse écrite, l’audiovisuel et puis les médias numériques, c’est moi qui ai défendu, contre l’avis d’ailleurs de tous, mais ce n’est pas passé, que les rédacteurs en chef soient élus par leurs pairs pour donner aux médias publics cette possibilité d’avoir quelqu’un qui soit gestionnaire et responsable de la qualité du travail professionnel en termes de déontologie et d’éthique. Malheureusement ça n’a pas été accepté. Lors de l’élaboration de la loi j’ai défendu ce principe à Léo et j’ai défendu également ce principe devant le Conseil national de la transition. Le député qui avait défendu ce point de vue avec moi c’était le député Armand Ouali qui a pensé que ça pouvait être un élément qui allait donner une plus grande liberté aux médias de service public dans le traitement de l’information. Mais ça allait avec le fait qu’il faille transformer ces entreprises, surtout leur donner une convention qui leur définissait un cahier de charges très strictes parce que les médias aujourd’hui n’ont pas de cahiers de charges.

Maintenant que vous êtes au pouvoir c’est peut-être le moment de remettre le débat sur la table.
Déjà je vais gérer ce que j’ai eu comme difficultés mais je pense que ce qui est important aujourd’hui c’est d’aller dans le sens de société d’Etat pour les médias. Seulement, je pense que comme tout ce que nous avons fait, j’ai été acteur sous la transition, on a l’impression que la société d’Etat va être la seule et l’unique solution alors qu’en réalité il y a besoin d’un accompagnement et d’une préparation qui est très importante. Vous avez aujourd’hui, au niveau de la télévision et de la radio nationales plus de 850 agents. Le cas de la RTI (Radio-télévision ivoirienne, ndlr) à la faveur de l’arrivée du président Alassane Ouattara qui est passé à société d’Etat, il y a une coupe drastique du personnel. Il est passé quasiment à la moitié. Est-ce que nous allons aller avec cette hémorragie sociale ?

Comment s’organise la communication gouvernementale dont vous avez la charge, puisque plusieurs personnes estiment qu’il y a beaucoup de cacophonie parfois. Est-ce à dire que le ministre en charge de la communication ne joue pas bien son rôle ?
Si vous dites qu’il y a des problèmes de communication et qu’il y a un ministère de la communication, la responsabilité lui incombe. C’est clair. Je ne suis pas quelqu’un à me débiner devant mes responsabilités. Je pense aussi que nous avons travaillé à ce que ces éléments rentrent en ordre plus ou moins. Dans ce sens, vous avez une communication, depuis quelques mois qui est en train d’être recadrée. De la même façon que certains ont perçu des éléments, pas de cacophonie mais de discordance, nous aussi nous les avons perçus et les membres du gouvernement avec le premier ministre en tête les ont perçus. Nous avons essayé de mettre cette situation en l’état. Ça nous oblige à être un peu plus organisés, réactifs, je dirai proactifs sur un certain nombre d’éléments. Depuis quelques temps quand même cette communication s’est améliorée. Mais je suis d’accord avec vous qu’on a eu à quelques moments des difficultés. Aujourd’hui encore nous travaillons à recadrer ces éléments avec notamment une meilleure concertation au niveau des ministères. Pour cela le SIG a joué un rôle important parce que le SIG doit être capable justement, sans phagocyter les actions des ministères, de fédérer le déploiement des activités de communication, de les mettre dans une vision d’ensemble pour ne pas que nous ayons des ministères qui communiquent à des moments pas opportuns les uns par rapport aux autres, que les éléments de langage ne soient pas forcément les mêmes qui soient utilisés. C’est tout ce travail que le SIG doit faire. C’est pour cela qu’il a besoin de cet ancrage et de cette meilleure implication à l’intérieur de la communication gouvernementale.

Il semble que vous avez défini un format pour le journal télévisé qui organise la priorisation de l’information. Quelle en est la pertinence?
Nous n’obligeons pas la RTB-Télé et Radio à rentrer dans une priorisation. Je voudrais qu’on se remette dans le contexte. Nous sommes dans une situation où il y avait un besoin du gouvernement d’avoir une certaine communication. Et puis vous aviez à un moment donné cet équilibre difficile qui se faisait. Nous avons estimé, en discutant, mais jamais vraiment avec les journalistes, au niveau de notre conseil de direction entre les différents cadres du ministère, tous présents, sur comment nous ferons pour redonner un sens à la communication gouvernementale. Nous avons dit qu’il serait bien que nous ayons le soutien et l’accompagnement des médias publics en mettant la visibilité sur certaines actions pour redonner le sentiment qu’il y a quelque chose au niveau du gouvernement, au niveau de la tête de l’Etat qui se met en place. Il ne s’agit pas pour nous de dire qu’il faut parler du président qui reçoit quelqu’un d’abord alors qu’il y a une inondation à Ouagadougou. Non ! Ce que nous demandons c’est que l’actualité du chef de l’Etat ne soit pas rejetée comme un élément en fin de journal comme le dernier des quidams au niveau des faits divers. Nous étions quasiment arrivés à cette situation où vous avez l’actualité du chef d’Etat qui était devenue comme un fait divers dans le journal. C’est ce sur quoi nous avons discuté. A l’époque nous avons eu des discussions assez enrichissantes. Souvent je suis mal à l’aise parce que moi j’ai la naïveté de croire que quand nous discutons entre journalistes, c’est comme dans une conférence de rédaction, nous parlons de façon franche et ouverte. Et souvent cette naïveté peut nous jouer des tours parce que quand vous parlez à un certain nombre de personnes en disant, faites comme la discipline aïkido, c’est-à-dire, utilisez l’énergie de l’adversaire pour faire avancer son mouvement, [après] on vous dit que vous avez dit de faire ceci ou cela. J’ai dit, et j’aime bien utiliser cela, prenons l’énergie de l’aïkido. Je suis praticien comme vous. On me dit : « J’aimerais qu’on mette une visibilité ». Je dis : le président du Faso a reçu telle ou telle personne. C’est le titre que je donne mais commençant le premier reportage je passerai ce que j’ai envie de faire passer.

Mais est-ce que vous aviez l’impression que l’information ne mettait pas en exergue votre approche ?
Je ne veux pas juger le travail des collègues. Ce que je pense est que beaucoup d’éléments ont manqué d’équilibre mais je n’ai jamais porté cette remarque à la rédaction, jamais. Jamais je n’ai fait cette remarque. Je prends un exemple qui m’a vraiment touché. Quatre jours après les attentats du 15 janvier, j’étais passé sur le plateau pour défendre les journalistes de la télévision parce qu’il y avait des forces de sécurité qui avaient fait irruption. Trois jours après je suis la rediffusion d’une émission où je vois sur le plateau trois personnes qui tirent à boulet rouge sur notre armée. Une des personnes dit même en substance que devant les tirs les Burkinabè ont fui. J’attends de voir sur le plateau qui peut être là pour défendre notre armée. Il n’y avait personne. Ce jour-là j’ai appelé la directrice pour lui demander comment n’avoir pas trouvé quelqu’un pour équilibrer un peu parce que je trouvais cela extrêmement sensible. Je pense que nous avons le droit de tout dire mais il y a parfois aussi la façon dont nous le mettons en œuvre et comment nous respections le minimum d’équilibre. J’aime à dire que quand vous suivez les médias occidentaux, lorsqu’il y a attentat, on ne montre jamais les corps des victimes mais quand ils viennent chez nous ils filment les corps des victimes. Qu’est-ce que nous voulons avoir comme image à véhiculer ? Qu’est-ce que nous voulons obtenir avec ces informations ? On veut informer les Burkinabè, on veut leur dire que leur armée est incapable de les défendre ou on veut leur dire que leur armée a voulu les défendre mais à un moment donné elle avait des moyens matériels qui ne lui permettaient pas de réagir ? Qu’est-ce qu’on voulait faire passer comme message ? Pour moi l’information a quand même un contenu qu’on veut lui donner. C’est l’une des rares fois que je me suis ému d’un contenu de la télé. Voilà ce que je peux vous donner comme exemple pour vous dire qu’il n’est pas dans mon intention d’entrer dans le travail de la rédaction. Je suis arrivé une ou deux fois sur le plateau de la télé parce qu’il y a le président du Faso ou le Premier ministre qui passait. Les journalistes m’ont tendu les conducteurs mais je leur ai dit que ce n’est pas mon travail. Je n’ai même pas voulu toucher cela des mains.

Des associations de presse vous accusent pourtant d’immixtion. Lors d’une conférence de rédaction, entre guillemet disent-elles, vous avez discuté avec les responsables de médias publics sur la manière dont il faut conduire les choses et vous auriez laissé entendre que celui qui n’est pas d’accord fasse comme Norbert Zongo. Qu’il démissionne et crée son propre journal. Que faut-il entendre par cette déclaration ?
Ce n’était pas lors d’une conférence de rédaction. J’ai été invité sur le plateau de la télévision nationale pour parler des Galian. J’ai estimé qu’il y avait un problème avec les reportages payants parce que le modèle de nos entreprises de presse est beaucoup bâti sur cet élément. Il y avait un de mes aînés, Justin Coulibaly, qui disait que nous étions en train de faire reculer le traitement de l’information. Je lui ai dit que je n’étais pas d’accord avec lui. Je lui ai dit que nous avons un problème. Ce que nous avons aujourd’hui à garantir c’est que toutes les opinions politiques et sociales puissent être exprimées sur la télévision. Si moi je suis une entrave à cette situation-là on peut dire que je fais de l’immixtion. Mais je me bats pour cela. Ce qu’ils ne disent pas c’est quand on me demande je dis que ce que le président m’a donné comme feuille de route essentiellement sur les médias c’est que toutes les opinions puissent s’exprimer à l’intérieur des médias de service public et il insiste sur cet aspect. Donc ce n’est pas moi qui vais venir bloquer cette situation pour laquelle, je rappelle que, depuis une dizaine d’années je me bats pour qu’on puisse avoir une situation d’expression. Et j’ai dit qu’on a une situation un peu contradictoire. On a la loi 081 qui fait de nous des fonctionnaires et on a notre charte adoptée par l’AJB (Association des journalistes du Burkina, ndlr) où on a nos règles. C’est contradictoire. J’ai dit, en attendant que nous trouvions une situation avec l’évolution des statuts qui fassent que nous puissions être en accord entre la loi qui nous régit en tant que travailleurs et la loi qui nous régit en tant que journaliste, celui qui n’est pas d’accord qu’il fasse comme Norbert. Il y en a plein qui sont partis travailler ailleurs. Peut-être que sorti du contexte dans lequel je l’ai exprimé ça peut choquer. Mais ce que je voulais dire simplement c’est que nous devons travailler à faire évoluer cette situation le mieux possible pour donner à tous les journalistes des médias de service public une garantie d’un cadre de travail qui soit en accord avec ce qu’ils ont comme règles d’éthique et de déontologie. C’est vrai que sorti du contexte ça peut paraître, pas seulement comme une boutade mais une pique à l’endroit des gens. J’ai reçu énormément de coups sur ça, d’autant plus que ça venait de quelqu’un pour qui la population a l’impression qu’il est fortement engagé sur ces questions. C’est comme si j’avais retourné ma veste. D’ailleurs je n’arrête pas de dire au syndicat, notamment au SYNATIC, que s’il a une seule preuve de ce que j’ai comme immixtion, qu’il la mette sur la table.

Dans une des déclarations du syndicat il semble que vous avez fait extraire du journal un reportage sur la gratuité des soins. Ça peut être une preuve.
(Sourire) Non ! Non ! C’est ce qu’on appelle la qualité du traitement de l’information. Je m’explique. Je pense qu’on avait lancé la gratuité un premier (lundi 2 mai 2016 : ndlr). Nous étions deux jours après à Bobo et nous avions suivi le journal où un reportage sur la gratuité était fait à Saaba. Il y avait une dame qui pleurait, qui disait qu’elle a appris que c’est gratuit et elle est venue mais elle n’a pas pu se soigner. Il y avait un infirmier ou un médecin qui disait : « Si c’est gratuit, en tout cas nous, ici, on est au courant de rien ». Pourquoi vouloir fusiller l’initiative du gouvernement ? C’est lancer le premier. On ne peut pas dire que ça ne marche pas à ce stade-là. Donnez-nous au moins le temps de mettre le système en place effectivement. Ce reportage, il serait bien que pour le rediffuser vous puissiez au moins l’équilibrer parce que je sais qu’il y a des endroits où ce jour cela a certainement marché. Le gouvernement n’a pas l’intention de dire que tout est clair. La preuve est que sur ce même plateau de la télévision nationale, lorsque nous avons entrepris de mettre en place une certaine communication gouvernementale, nous avons invité le ministre de la santé, Smaïla Ouédraogo, qui a reconnu les limites qu’il y avait, notamment la rupture de stocks de certains médicaments, les difficultés avec le personnel, etc. Mais je ne pense pas qu’on puisse, raisonnablement, dire au lendemain du lancement d’une mesure que nous avons voulue nous-même graduelle dire immédiatement, à partir d’un seul constat dans un seul centre de santé, que ça ne marche pas. Je suis peut-être dans une naïveté. Je parlais à des confrères avec des éléments à l’appui. La question n’était pas d’extraire le reportage mais de le retravailler. J’en ai parlé au rédacteur en chef, Simon Gongo. C’est la seule fois qu’on a parlé d’un reportage ensemble. En sept mois, si on dit que je fais des immixtions j’aurais dû parler au rédacteur en chef tous les jours. J’ai même fait une confidence aux journalistes en leur disant que lors d’un conseil de ministres le président avait utilisé un de leur reportage, tellement c’était bien fait, pour attirer l’attention d’un ministre sur des engagements qui était pris mais qui n’étaient pas respectés. Il y a du travail qui est fait. La critique est positive pour tout le monde. Seulement, faisons la dans les règles de l’art pour ne pas servir ou desservir un camp.

Ces mêmes associations estiment que vous avez dit aux médias publics qu’ils ne devraient pas être les premiers à tirer sur le gouvernement. Cela nous a inspiré un autre regard. En prenant le cas de la Grande Bretagne, la BBC est le premier média qui critique le plus les gouvernants et ne rend compte qu’aux citoyens. Dans notre contexte, où se trouve le problème ?
Je ne me rappelle pas avoir dit cela mais on n’en sait jamais. Là où j’ai eu des soucis avec mes collaborateurs des médias de service public c’est quand j’ai posé le problème d’un certain nombre de reportages. J’ai dit que pour moi, il fallait que nous fassions de telle sorte qu’au lieu d’envoyer un journaliste, un cameraman de la télé, un journaliste de la radio et de Sidwaya, pour les couvertures médiatiques de la présidence du Faso et du premier ministère, faisons de telle sorte que ce soit des journalistes reporter d’images (JRI) qui le fassent. On a eu un débat assez heurté là-dessus. Il y a eu des réticences. On s’est donné un délai pour le mois de juin. Je vois aujourd’hui qu’ils utilisent de plus en plus de JRI. Nous avons une télé, une radio et une presse étatiques qui vivent de façon cloisonnée. Il n’y a pas de synergie, de mutualité alors que nous pouvons le faire. Pour revenir à votre question, la critique ne peut être que porteuse d’amélioration. La seule chose qu’on peut demander est qu’elle se fasse en confrontant les sources d’information, en équilibrant les propos et en ne donnant pas l’impression d’être partisans. On a reproché aux médias publics de servir l’ancien régime. Aujourd’hui, ce qu’on ne va pas tolérer c’est que les médias publics, sous prétexte d’avoir servi l’ancien régime, disent qu’ils font de l’opposition systématique au gouvernement. Depuis le mois d’avril que je suis là j’ai demandé à ce que nous ayons une nouvelle grille de programme. Cela a bougé difficilement. J’ai demandé à ce que les acteurs de l’opposition soient présents sur les plateaux. On m’a toujours dit qu’il faut qu’on ait une nouvelle grille. J’ai dit, en attendant, ce n’est pas au journaliste de dire que le monsieur a dit ceci. Il est là, il n’a qu’à dire la chose. Je ne suis pas contre la critique. D’ailleurs ce sera malhonnête de ma part parce que j’ai bâti mon estime journalistique sur la critique. Et comme l’a dit le président du Faso lors de sa rencontre avec la presse dans le cadre de la Semaine nationale de la culture à Bobo-Dioulasso, critiquez nous. Mais si c’est bien, dites aussi que c’est bien. Voilà la philosophie.

Vous avez reçu le syndicat le 29 août dernier et lors de la rencontre vous n’avez pas trouvé un terrain d’entente sur un certain nombre de points à savoir le statut de la RTB en EPE. C’est quoi le problème au juste ?
Il n’y a pas de problème majeur. Les lois sur la presse qui ont été adoptées sous la transition ont prévu un délai d’une année pour que ces médias passent en société d’Etat. Il s’est avéré que nous avons demandé aux responsables de ces différents organes de mettre en œuvre ce processus. Peut-être pour des questions budgétaires, certains ont pris du temps pour le faire. Ce qu’il faut savoir, c’est que vous avez des entreprises qui ont un personnel qui vont dans une compétition et qui ont besoin de moyens pour être dans cette compétition. Ceux qui l’ont pensé à l’époque, c’était de donner les moyens à la RTB Télé et Radio et à Sidwaya d’être plus en phase avec l’espace médiatique mais aussi de leur permettre d’avoir un niveau de rémunération qui sied aussi à des agents dans cette situation. Donc il y a des implications. Pour devenir société d’état, il faut qu’un comité mis en place par le ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat et le ministère de l’économie et des finances ainsi que le ministère de tutelle discutent pour faire des TDR (termes de référence) et trouver un cabinet qui va l’étudier parce qu’il y a une gestion sociale, financière à mettre en œuvre. Ce que nous demandons au syndicat, c’est de nous donner le temps pour que nous puissions passer dans une société d’Etat qui garantisse à la fois la survie des outils de travail mais qui assure également cette rémunération que l’on veut obtenir. Je prends par exemple Sidwaya qui a fait une évaluation avec un cadre du ministère. Pour la petite histoire, cet organe estime que si on passe en société d’état, la masse salariale va augmenter de plus d’un milliard six cent millions. Ce qui représente deux fois ses recettes propres au jour d’aujourd’hui. Vous savez que la compétition dans laquelle nos médias sont, ne garantit pas que les recettes de Sidwaya s’augmentent. Nous ce que nous disons, c’est qu’il faut aller à cette situation en essayant de sauver l’outil de travail et en donnant à tous les travailleurs ce cadre qu’ils veulent. On est tous d’accord là-dessus. Ce que les gens oublient, c’est que j’ai participé à la rédaction de ces textes et j’ai contribué. Donc je pense qu’il y a cette mise en œuvre qui est délicate. Mais c’est une question de compréhension. Mais je comprends les travailleurs parce que cette société d’état est pour eux une occasion d’avoir de meilleurs revenus. Mais de l’autre côté il faut faire attention. Je prends l’exemple de la Côte d’Ivoire. La RTI en passant en société d’état a divisé son personnel en deux. On risque d’avoir un contentieux si on ne prépare pas l’élément. Malheureusement ç’a été pris en septembre 2015, les études n’ont pas été faites alors que dans le cas de la télé, il y a eu des premiers TDR qui ont été mis en place par un cabinet qui lui-même a dit que « nous avons été choisis sans appel à candidature, les résultats vont être biaisés ». Parce que dans ce cas d’espèce, l’enjeu est important. Il est donc mieux de faire un appel à candidature pour recruter un cabinet qui va pouvoir le faire et dont les résultats seront acceptés par tout le monde. Voilà ce qui a un peu retardé mais nous espérons vraiment que le SYNATIC nous comprendra et acceptera de nous donner comme nous leur avons proposé, un délai de grâce pour pouvoir mettre en œuvre cette réflexion et aller vers cette société d’état ou bien aller sous une forme intermédiaire en attendant qu’on ait les moyens d’aller en société d’état parce que la question qui est posée est celle de la flexibilité de la gestion. Les médias ne sont pas des entreprises comme les autres. Il faut qu’il y ait une flexibilité de gestion et surtout pour les médias publics, pour qu’ils soient en phase avec leurs concurrents des médias privés. Ce sont toutes ces réflexions que nous devons mener parce que c’est un impératif. Ensuite il y a la question du statut et conditions de travail des journalistes. C’est important. Comment leur garantir cette possibilité de faire leur travail en journalistes professionnels sans être forcément sous la tutelle de cette administration qui leur pèse dessus et qui peut les empêcher de travailler de façon professionnelle.

Là-dessus on voit que depuis un certain temps, depuis ce 29, ça tire toujours entre vous et votre partenaire social à savoir le syndicat.
Nous sommes le 5 aujourd’hui (jour de l’interview), je viens de leur faire des propositions, je ne peux pas réagir étant donné qu’ils n’ont pas encore réagi sur ces propositions. Ce que je peux dire, c’est que sur un certain nombre d’éléments sur lesquels le ministère de la communication a la possibilité intrinsèque de faire avancer les choses, nous l’avons fait. Nous avons travaillé sur un projet de décret du SIG, nous avons travaillé sur un projet de décret sur les frais de production, nous avons décidé de régler la question des pigistes, nous avons décidé de trouver une solution aux personnes qui sont allées à la retraite et dont les cotisations ne permettaient pas d’avoir une retraite proportionnelle, maintenant il reste deux questions essentielles. C’est la question des agents bloqués en B1, A2 et A3 et la question du statut. Pour moi la question du statut n’est pas une question qui peut bloquer. C’est juste qu’il faille qu’on se comprenne bien. Là où il y a vraiment un problème, c’est sur cette question des agents bloqués parce que le syndicat a dit que le dernier conseil des ministres de la transition a donné instruction de mettre cela en œuvre. Le dossier est rentré en conseil des ministres en rapport et il est sorti en communication orale en disant en substance qu’il faut que les ministères concernés trouvent des solutions. Et nous travaillons à trouver cette solution.

Il y a de cela quelques jours les journalistes des médias publics ont observé un sit-in de quelques heures et on a vu du blanc à l’écran. Comment avez-vous appréhendez cela ?
Je n’appréhende pas, je n’ai pas d’à priori. Je trouve que des syndicats qui se battent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail c’est normal. Moi la réponse que je peux faire c’est de trouver des solutions à leurs préoccupations dans les capacités que j’ai en tant que ministre et dans les capacités que le gouvernement va nous offrir d’avoir des solutions. Pour le reste chacun de nous joue sa partition. Peut-être où je peux poser un bémol, c’est sur les atteintes aux outils de travail. Nous devons faire en sorte que nos revendications ne portent pas atteinte à nos outils de travail et que si jamais si pour une raison ou une autre nous rentrons dans la grève, il faut quand même accepter que si certains veulent faire leur travail, qu’on ne les empêche pas de le faire. Qu’on ne soit pas obligé d’aller couper les émetteurs, qu’on ne soit pas obligé de rentrer dans les serveurs pour enlever des programmes. Cela peut créer un préjudice de l’outil de travail. On ne doit pas oublier que nous luttons pour travailler dans de meilleures conditions et que le cadre de travail doit être un cadre accepté par tout le monde.

Des gens de votre ministère revendiquent, des gens d’autres ministères revendiquent. On a l’impression que ça tire de partout. Est-ce que le gouvernement vous a fixé des marges de négociations ? Comment vous arrivez à gérer tout cela ?
Les seules marges de négociation sont les capacités du gouvernement, de nos finances à tenir compte d’un certain nombre d’éléments. Il faut aussi qu’on soit réaliste sur ça. Le président du Faso donne comme impératif la promotion du dialogue entre les différents acteurs. Parfois c’est délicat parce qu’on ne peut pas satisfaire tous les éléments. Parfois on peut y répondre mais ce sont des arbitrages qui sont faits. Vous savez, il y a beaucoup d’attentes de la population à tous les niveaux, il y a des attentes aussi de la période de la transition. Ce sont des engagements qui sont pris et aujourd’hui nous devons gérer ces engagements-là en n’oubliant pas qu’il y a un impératif, celui de tenir dans les réalités de notre Etat.

On vous a prêtez l’intention de vouloir relever la directrice générale de la RTB en vue d’y placer un protégé alors que celle-ci a un mandat qui court toujours. Quel commentaire ?
Je ne connais pas ce protégé. Si vous me donnez son nom ça va m’arranger (nous éclatons tous de rire). Ceux qui enregistrent mes entretiens lors de mes conseils de cabinet savent que j’ai toujours dit que c’est une question de gouvernance. Vous avez quelqu’un qui a été choisi par un appel à candidature, à qui le conseil d’administration a donné satisfecit donc il ne parait pas opportun d’aller dans ce sens. Si la directrice a quelqu’un avec qui elle peut être tranquille c’est bien moi. Vous pouvez l’approcher. Dans le domaine où nous sommes c’est vrai qu’on fait beaucoup de spéculations. Prenez l’exemple de Sidwaya. Je n’ai pas touché quelqu’un là-bas. Ce qui s’est passé au niveau des médias audiovisuels c’est qu’il y avait un certain nombre de dissonances et de dysfonctionnements au sein même de la direction et comme la directrice est venue dans le cadre d’un appel à candidature je ne vois pas pourquoi je vais la toucher. Donc je lui ai demandé de faire des aménagements. Elle m’a fait ses propositions. Dans les nominations, la seule que moi j’ai suscité et que je porte, j’ai proposé que nous ayons un financier au niveau de la direction marketing et commerciale qui était en phase avec la réalité du monde de la presse. Boukary Ouédraogo (dit Becker qui occupe le poste actuellement à la RTB) avait déjà lancé un journal, il est dans le monde culturel et artistique, il a travaillé au ministère de la culture. Il a même un projet qui m’a été soumis par le ministère de la culture lorsque je suis arrivé au ministère pour que l’on trouve une tarification spécifique pour ce qui est des activités des promoteurs culturels. Sinon tous ceux qui sont partis sont partis parce que la directrice a estimé qu’il fallait faire des mouvements. Je ne vois pas quelqu’un derrière que j’aurais promis pousser.

On conclut donc que les rapports entre vous et la directrice générale sont cordiaux ?
Vraiment, si vous faites votre enquête de proximité, vous verrez que je n’ai aucun problème avec quelqu’un. J’estime que si j’arrive dans un espace j’ai besoin de le faire progresser. Comme disent nos sages, il faut ajouter de la terre à la terre. Je n’ai pas d’à priori. Je travaille avec ceux qui montrent une envie de faire avancer les choses. Ce que les gens oublient c’est que je suis issu aussi de cette télévision et de cette radio nationale. J’ai commencé comme pigiste à Canal arc-en-ciel à 25 000 francs en 1990.

Apparemment il n’y a pas de coordination de l’action gouvernementale. Vous, vous avez résisté. Mais du côté de la CAMEG dont le directeur général est régi par un contrat, lui ça ne résiste pas.
Comme c’est devenu une affaire judiciaire, les différents avocats se prononcent là-dessus. Mais je pense que si on lit bien les éléments d’articulation de la défense du ministère de la santé il y a quand même… Nous avons nommé les administrateurs en conseil de ministres, ce qui ne s’était jamais fait parce que les administrateurs de la CAMEG qui devaient être nommés en conseils de ministres n’avaient jamais été nommés en conseil de ministres. Pour les questions juridiques qui sont en discussion, elles seront réglées. Ce qu’il faut que je précise, il n’y a aucunement de chasse aux sorcières. Nous évitons d’entrer dans des questions de personnes. La question essentielle pour laquelle les uns et les autres sont engagés est qu’il y ait une gouvernance nouvelle et de probité de l’Etat et de l’administration.

Vous avez tenus des propos qui ont fait polémique. Certains ont trouvé que c’est la réalité qui a été dépeinte. D’autres estiment qu’en tant que ministre de la communication il fallait revoir la manière dont les choses ont été dites. Il s’agit des bébés qui sont décédés suite à la question des couveuses. Regrettez-vous d’avoir tenu ces propos ?
Durant les 8 ou 9 mois que j’ai passés ici (à la tête du ministère), c’est la polémique qui m’a le plus fait mal. Je comprends la sensibilité de la question et je pense que parfois certaines vérités ne se disent pas de la même façon. Malheureusement ou heureusement, ça dépend de là où on se place, l’avantage des réseaux sociaux est que les gens tirent, disent tout et n’importe quoi. Souvent certaines choses sont dites sans connaissance. Parfois on ne prend qu’un seul bout. Je crois que cela a changé beaucoup de chose dans ma façon de communiquer sur certains événements.

Interview réalisée par
Basidou KINDA et Germain B. NAMA