La majorité des pays de la CEDEAO ont pris leur distance avec la médiation burkinabè. Le Niger, le Nigeria, le Benin l’ont exprimé plus ouvertement. Les autres ne le pensent pas moins. La médiation semble hors du temps, presque insensiblement à l’enlisement de la crise qui conduit chaque jour le Mali vers une afghanisation dangereuse. Selon divers sources, des djihadistes afghans et pakistanais, seraient actuellement au nord Mali et entraineraient les combattants touaregs de Ançar Dine. Le 14 juin dernier, un avion de reconnaissance militaire, probablement un des Super Tucano, de fabrication italienne, acquis aussi bien par le Burkina que la Mauritanie, aurait essuyé des tirs nourris au dessus de Tombouctou.

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Blaise et son frère cadet

Cette présence des Djihadistes à ses portes inquiète particulièrement le Niger, qui craint que l’enlisement de la situation au Mali ne se retourne contre lui. Jusque là, Niamey a réussi à endiguer la déstabilisation venue de Libye. Mais la menace se rapproche dangereusement de ses frontières. L’afghanisation du Nord Mali ôte le sommeil à Issoufou et à juste raison. Alors Niamey, n’a plus d’état d’âme, vis-à-vis de Ouagadougou.

Blaise est aujourd’hui presque seul à croire à sa médiation. Le théâtre de la gestion de la crise n’est plus vraiment à Ouaga, mais à New York, même si le président Burkinabè continue de se démener, en rencontrant les groupes armées du nord Mali, dont Ançar Dine, qui a fait, le 20 juin dernier, fouetter un couple sur la place publique de Tombouctou, pour avoir eu un enfant hors mariage. Le médiateur a demandé à Ançar Dine de désavouer son lien avec AQMI, ce qu’elle n’a pas encore fait. 

Pour desserrer l’étau de l’isolement, le président Burkinabè a rassemblé les diplomates accrédités à Ouagadougou, pour les informer et obtenir un soutien. Isolé au sein de la CEDEAO, la médiation burkinabè voudrait se rapprocher de pays hors zone, touchés par la crise malienne, comme la Mauritanie. Mais Nouakchott, attend toujours la coopération du Burkina Faso à propos du mandat d’arrêt lancé contre Mustapha Chaafi, un des conseillers mauritanien de Blaise. Avant de s’envoler pour New York, le ministre des Affaires étrangères, Djibril Bassolet a indiqué clairement que Blaise Compaoré souhaite intégrer dans la médiation les acteurs importants comme l’Algérie et la Mauritanie. C’est donc une autre phase de la médiation au Mali qui commence.

NAB