C’est donc parti pour la campagne électorale. Dieu, qu’on a eu très chaud ! N’eût été la détermination de ce peuple incroyable, on ne parlerait plus d’élection en 2015. Le déroulé du chronogramme des putschistes annoncé dans la déclaration du CDP et ses satellites ne faisait entrevoir qu’un seul souci : réoccuper l’espace politique perdu. Par la grâce de Dieu, revoilà le Burkina sur ses pieds. Depuis le 8 novembre à zéro heure, nous sommes entrés dans la ligne qui mène droit vers les élections présidentielle et législatives. Les acteurs politiques sont partis à la chasse aux voix à travers provinces et régions en attendant de revenir dans la capitale dans les tous derniers jours pour finir en apothéose. Espérons pour notre pays une campagne très apaisée. C’est loin d’être une évidence si l’on regarde le proche passé. On avait passablement ignoré les menaces et mises en garde du CDP quand le RSP a entrepris de nous ramener brutalement à la réalité de son agenda politique diabolique. Le Burkina est fort heureusement aujourd’hui dans la fièvre politique et il faut souhaiter que les choses aillent à leur terme. Le président de la CENI a souhaité aux compétiteurs une campagne politique de courtoisie et de paix. Pour autant, les menaces pourraient ne pas être totalement derrière nous. Un ministre de la Transition a fort opportunément appelé à la vigilance car dit-il les forces du mal n’ont pas désarmé. Au regard de sa qualité,( il est le ministre en charge de la Sécurité), on ne peut pas dire qu’il a parlé pour parler. D’ailleurs, ce sont 25 000 sécurocrates qui sont injectés dans tout le Burkina pour sécuriser le déroulement du scrutin. C’est la preuve que la menace existe et elle est prise au sérieux au sommet de l’Etat. Et ce n’est pas tout. Chaque candidat bénéficie en outre d’une garde rapprochée.

« Dès à présent, les leaders politiques doivent travailler à faire baisser les ardeurs des militants qui pensent que tous les moyens sont bons pour exprimer l’enthousiasme et l’attachement qu’ils vouent à leur candidat. Personne ne doit prendre le risque de casser cette belle unité du peuple qui lui a valu de grandes victoires. »

Mais des élections apaisées ce n’est pas seulement une affaire de sécurocrates. C’est avant tout l’affaire des Burkinabé eux-mêmes, principalement les militants des partis. Ces derniers temps, de jeunes faucons se sont mis dans la tête de déstabiliser le candidat adverse surtout quand ce dernier constitue à leurs yeux une menace sérieuse pour leur candidat. C’est particulièrement le cas entre l’UPC et le MPP dont la victoire du candidat respectif est aux yeux des jeunes de chaque camp, chose déjà pliée. D’où la virulence de leurs propos qui n’a d’égal que leur passion aveugle.
Tant que la rivalité s’exprimait dans les réseaux sociaux, cela pouvait apparaitre comme de la propagande. Mais c’est bien connu, c’est la propagande qui échauffe les esprits et il faut craindre que les caravanes qui sillonnent les villes et villages ne provoquent ici ou là des étincelles fatales. Dès à présent, les leaders politiques doivent travailler à faire baisser les ardeurs des militants qui pensent que tous les moyens sont bons pour exprimer l’enthousiasme et l’attachement qu’ils vouent à leur candidat. Personne ne doit prendre le risque de casser cette belle unité du peuple qui lui a valu de grandes victoires. Les germes de la violence sont bien là. On l’a vu récemment avec l’incendie des domiciles de Salif et de Natama. La bête immonde est tapie dans les recoins de cœurs noircis par la haine, prête à semer le trouble, ne serait-ce que pour assouvir ses bas instincts. Il faut absolument l’éviter. La politique ce n’est pas la guerre. C’est pour ne l’avoir pas compris que le régime de Blaise s’est bêtement entêté pour finir par semer le deuil dans nombre de familles avant de capituler. La leçon de notre expérience récente à travers les événements d’octobre 2014 et septembre 2015, c’est que plus jamais personne ne doit mourir au Burkina Faso au nom de la politique. Les hommes politiques sont prévenus. Celui par qui le malheur arrivera répondra devant l’histoire. Il faut faire en sorte que la campagne électorale soit un moment de fraternité et non de division et de deuil. Tous doivent faire leur ce magnifique slogan de la bande à Harouna : le Faso d’abord ! Le monde entier nous regarde, nous ne devons pas décevoir. Absolument !