Incroyable histoire !

Nous avons beau avoir l’habitude des turpitudes des juges et des agents des forces de l’ordre, cette histoire là nous a complètement décontenancés.

Une histoire totalement rocambolesque. D’abord le gendarme, puis le juge se liguent dans un tango parfaitement coordonné pour escroquer et spolier un citoyen dans un différend commercial le plus banal du monde. En abusant sans scrupule de leur position et de leur pouvoir. La maxime avait dit que le juge sans le gendarme n’était rien, mais que le gendarme sans le juge était tout. Elle avait oublié de prévoir le cas où les deux se liguaient. Quand le juge et le gendarme se liguent, alors c’est mortel pour la justice et pour les citoyens. Un tandem mortel contre un jeune burkinabè, marié de surcroît à une étrangère, une espagnole, qui avaient pensé revenir dans son pays pour s’essayer en affaire. Mal lui en a pris. Le juge et le gendarme (un président de tribunal et un CB) ont vu dans le différend commercial qui a opposé ce jeune entrepreneur à quatre de ses clients, l’occasion rêvée de se faire des « couilles » en or. Le juge est allé jusqu’à accepter de prendre l’argent liquide et un chèque qu’une tierce personne devrait encaisser le lendemain pour lui. Le CB, lui s’est fait acheter une Mercedes C200, dont il a pris possession, sans l’once du moindre scrupule. On avait coutume de dire que le pandore, c’est la méfiance faite homme. Ce n’est plus vrai désormais. Les digues ont cédé. C’est simplement terrible…


Escroquerie en bande organisée
Le juge et le gendarme, en vulgaires escrocs, sévissent
à Banfora

siri.jpgSiri Sounkalo jeune commerçant quadragénaire exerce
dans la vente de véhicules. Il est arrivé de Côte d’Ivoire en 2010 où il avait
espéré pouvoir faire affaire. Pour cause de guerre civile, il dut replier dans
son Faso natal avec son épouse America Meza d’origine espagnole. Il décide de
s’installer à Banfora son terroir où il crée JASIM EXPORT, une société d’import
export de droit burkinabé. Son aventure prendra un tour tragique dès l’instant
où un gendarme et un juge sont entrés en scène. Récit d’une histoire mafieuse où
la toge et l’uniforme rivalisent d’ingéniosité.

L’affaire avait été dès le départ mal engagée.

Siri Sounkalo obtient un marché de plus de 80 millions. Il propose à ses
clients l’ouverture d’une lettre de crédit dans une banque de la place. Ces
derniers, peu habitués à une telle opération qu’ils trouvent très compliquée,
préfèrent des avances directes. Hésitant au départ, Siri Sounkalo finit par
accepter pour ne pas perdre le marché. La pratique est générale dans le milieu
commerçant et Siri décide de se conformer aux usages. Cependant, pour s’entourer
de précautions, il demande à chacun de ses clients de payer au moins 50% de la
somme, ce qui va lui permettre de mener à bien l’opération. L’affaire fut ainsi
conclue, mais les paiements n’ont pas respecté l’accord de départ. Deux des plus
gros clients ont été en effet les plus défaillants. Le premier dont le montant
de la commande s’élevait à 34, 5 millions n’a avancé que 4 millions, tandis que
le second gros client qui devait 21 millions a avancé 8,5 millions. Malgré tout,
Siri décide de lancer la commande. Son épouse d’origine espagnole s’envole pour
l’Espagne et réussit à faire embarquer la marchandise dans un container pour le
port de Téma. Pendant ce temps, Siri explique à ses clients les conditions de
transit de la marchandise au port et les risques encourues si elle n’est pas
enlevée à temps. Pour cela, il faudra solidairement réunir 8 millions. Il ajoute
qu’il apportera lui aussi une contribution. Une somme de 3 millions est aussitôt
dégagée pour ce faire. Pour rassurer ses clients, il leur propose de signer un
document fixant les obligations contractuelles.

Tout se gâte à partir de là
Dans la même soirée, la gendarmerie
débarque au domicile de M. Siri, sur plainte d’un des clients. Absent de son
domicile, M. Siri se rend à la gendarmerie dès qu’il est informé. Il y prend
connaissance de l’objet de la plainte. A son tour, il explique la situation au
pandore et l’informe de l’établissement en cours d’un contrat de vente.
Effectivement, dès le lendemain, les contrats sont signés au bureau du greffier,
un certain Barry. Mais les 8 millions de francs nécessaires pour sortir les
marchandises du port ne sont pas réunis. Quand Siri reçoit l’avis sur l’arrivée
des véhicules au port de Téma, il invite deux des clients à embarquer avec lui
pour aller constater. Ces derniers refusent mais soutiennent néanmoins qu’ils
paieront quand la marchandise arrivera à Banfora. Pendant ce temps, les avis des
autorités portuaires s’accumulent. Quand Siri se décide à y aller seul, c’est
pour constater que le container a été réquisitionné et mis aux enchères. Il
informe alors les clients et le greffier de la situation. Pour les clients, il
n’y a pas débat, Siri doit rembourser. Siri de son côté estime que s’il doit
rembourser, la justice doit dire son mot pour établir les responsabilités. Une
procédure trop longue aux yeux des clients. Ils saisissent un gendarme de
service qui met en branle une procédure sommaire. Absent de Banfora, c’est le
petit frère de Siri qui fera les frais. Il est immédiatement arrêté. De Ouaga où
il se trouvait, Siri est informé. Il prend aussitôt la route pour se rendre à
Banfora. Aux environs de Péni, il reçoit un coup de fil de son épouse qui lui
dit que des gendarmes en civil sont en train de fouiller la chambre d’hôtel
qu’elle occupe avec son fils. Un des gendarmes se saisit du téléphone de madame
et annonce à Siri qu’ils amèneront sa femme à la brigade. M. Siri fait demi-tour
et reprend la route de Ouagadougou. Il retrouve effectivement sa femme et son
enfant retenus à la brigade de Boulmiougou. Siri est aussitôt arrêté et remis à
une équipe de gendarmes dépêchés de Banfora qui le ramènent et l’enferment en
cellule.

Le commandant de brigade et le président du TGI
Le lendemain, c’est
le commandant de brigade qui le prend en charge. En justicier, il est décidé à
obtenir le remboursement des sommes dues aux clients. Il demande à M. Siri
pourquoi, il n’a pas remboursé ses clients. Ce dernier lui répond qu’il attend
que la justice se prononce sur l’affaire. Qu’à cela ne tienne. Siri est enfermé
en cellule et au bout de trois jours, il commence à craquer. Il propose 10
millions au CB comme début de remboursement. C’est niet. Le CB réclame 20
millions. Je n’ai pas cette somme répond Siri. 15 millions alors, consent le CB.
Ce sera finalement 13 millions que M. Siri remettra au commandant de brigade. Le
paiement effectué, Siri est malgré tout reconduit en cellule. Pourquoi alors que
j’ai accepté de payer, s’indigne t-il auprès du gendarme ? Il faut rendre compte
au juge mais aussi aux clients. A 21 heures, on fait sortir Siri de cellule sur
ordre du président du TGI qui dit-on demande à le voir. Une connaissance de Siri
l’informe qu’il sera accompagné chez le juge par son bras droit, un certain
Ablassé Dialla. Tout semblait avoir été parfaitement mis au point. La rencontre
avec Ablassé Dialla aura lieu au maquis le Consensus. C’est là que les termes du
marché seront dévoilés. Contre sa liberté, le juge demande trois millions
explique Ablassé. Siri comprend vite la situation et décide de coopérer. Je n’ai
pas les trois millions s’excuse t-il mais je vais vous faire des propositions.
Un : vous prenez un million cette nuit avec un chèque de deux millions à toucher
dès demain. Deux : Je vous signe un chèque de trois millions à toucher dès
demain. Trois : Vous me libérez, je touche moi-même les deux millions et je vous
les remets. Vous avez donc trois options. C’est la première option qui a été
retenue. Un chèque de 2 millions a donc été établi au nom de M. Ablassé Dialla,
plus le million remis en liquide. Les choses étant ainsi faites, Ablassé voulut
prendre congé pour rejoindre le juge, mais Siri s’oppose en exigeant de se
joindre pour la remise de l’argent. Ablassé ne put s’opposer à cette exigence de
bon sens. Ils embarquent ensemble pour le domicile du juge où la somme liquide
lui est remise main à main. Quand au chèque, instruction fut donnée à Ablassé
par le juge de le toucher dès le lendemain. (voir fac-similé du chèque). Le
groupe retourna vers un kiosque où les attendait un gendarme chargé de veiller
au grain. Ce dernier reconduit Siri à la brigade où il est remis en cellule, au
motif que le chef n’est pas là. Le lendemain, le CB fit sortir Siri de cellule
et lui demande si les choses se sont bien passées avec le juge. Siri répond par
l’affirmative. Et moi, poursuit le CB ? J’ai besoin d’une Mercedes. Celle que
j’ai est fatiguée. Mais où trouver une Mercedes se désole Siri ? Même si c’est à
Bobo répond le CB. Siri accepte le marché mais le CB méfiant exige des
garanties. Il propose de retenir la Land Cruiser de Siri, ce que ce dernier
refuse catégoriquement. Il finit par prendre son passeport. Une fois à Bobo,
Siri retrouve un de ses amis commerçant qui accepte de l’aider à acquérir une
Mercedes C 200 (c’est le choix du CB !). Le véhicule acquis, le CB se déplace
lui-même à Bobo pour en prendre possession. La livraison a lieu dans une des
stations Access oil du boulevard Chalon en Champagne à Sarfalao. Le lendemain,
le CB se rend au bureau de Siri pour réclamer le dossier du véhicule en vue des
formalités d’usage. Siri refuse de le lui remettre tant qu’il ne verra pas le
bout de la saga. C’est quand ce bout lui demande le CB ? Dans huit mois, c’est
le délai que j’ai donné pour rembourser les clients.

Rebondissement dans l’affaire
Alors que Siri croyait qu’il était
entendu qu’il disposait de 8 mois pour rembourser les clients, son frère qui
réside à Banfora lui apprend qu’il doit répondre devant la justice le 18 (nous
sommes en septembre 2012). Siri appelle Dialla Ablassé le fameux bras droit du
président du TGI pour comprendre. Renseignement pris par ce dernier, c’est le
juge qui désire le rencontrer, en présence de ses clients. Dans ce cas dit alors
Siri, il me faut un avocat. Ablassé le rassure. Il s’agit d’une simple rencontre
entre lui, le juge et les clients pour des arrangements. Pour ne pas être seul,
Siri décide d’aller chercher le bras droit du juge à Ouaga. Ils passent une nuit
à Bobo. Une chambre est même retenue pour ce faire à l’hôtel Palace au frais de
Siri pour son hôte. Le lendemain, ils prennent la route pour Banfora. Chemin
faisant, au cours du trajet, le téléphone de Dialla sonne. C’est le président du
TGI qui demande encore quelque chose murmure Dialla. Il dit qu’il n’est pas seul
dans l’affaire. Jamais, plus jamais, maugrée Siri d’un ton énervé. Arrivé au
palais de justice, Ablassé refuse curieusement d’entrer dans la salle
d’audience. Etait-il au courant de ce qui se tramait ? C’est ainsi, sans qu’il
ne connaisse vraiment l’objet de sa convocation, que Siri s’est retrouvé à
l’audience du tribunal qui devait le juger. A la barre, sans avoir reçu au
préalable de citation et sans avocat, les carottes étaient bien cuites pour
Siri. A l’appel de son dossier, Siri devait répondre à une et une seule
question. A-t-il pris de l’argent oui ou non avec les plaignants ? Oui répond
Siri. Sentence immédiate : un an de prison. Dossier suivant. Quand il veut
s’expliquer, on lui rétorque le nombre de dossiers au rôle. Mandat de dépôt à
l’audience. Siri se retrouve donc prisonnier à la maison d’arrêt. Voilà comment
une affaire commerciale s’est abusivement retrouvée au pénal parce qu’un
gendarme et un juge l’ont voulu ainsi. Pourquoi avoir jeté un homme en prison
qui avait finalement reconnu sa dette envers ses clients, qui avait avancé 13
millions en guise d’avance et qui a donné 8 mois pour solder sa dette ? A quoi
auraient donc servi les 13 millions ? Selon des informations recueillies sur
place, les clients n’auraient rien reçu.

La corruption bat son plein à la maison d’arrêt
En prison, Siri est
en proie à de violents ennuis gastriques. Mais des consignes sévères sont
données aux GSPs : C’est un homme dangereux, il faut rester vigilant pour ne pas
qu’il prenne la fuite. Toutes les demandes d’audience adressées au procureur
formulées par Siri sont restées sans suite. Malgré ses douleurs gastriques de
plus en plus insistantes, les GSP ne se décident pas à le faire soigner. Il
insiste pour voir un toubib à Bobo conformément à la prescription faite lors
d’une précédente visite à l’hôpital de Banfora. La fibroscopie devait être faite
à Bobo. On lui fait comprendre qu’il doit payer pour aller à Bobo. Combien
interroge Siri ? 125 000 F répond un GSP qui se présente comme chef de sécurité.
Au cas où l’examen nécessite une hospitalisation de plus d’une journée, il doit
payer 1 100 000FCFA. Retenez que pour avoir le droit de se faire examiner à
l’hôpital de Banfora, le chef sécurité avait exigé pour lui-même, 100 000F. Siri
avait du casquer. Mais à voir la tournure des choses, Siri comprend qu’il ne
sortira pas vivant de la prison. Ses ennuis de santé sont en train de
s’aggraver. Il est de nouveau conduit à l’hôpital de Banfora. Il retrouve une
fois de plus, la même dame qui lui avait prescrit la fibroscopie. Elle s’énerve
devant la mauvaise foi manifeste des autorités pénitentiaires. Mais accepte
néanmoins d’établir une nouvelle ordonnance, sans doute des calmants Séance
tenante, Siri donne 10 000F à son frère qui était présent, pour le produit en
pharmacie. Le GSP s’interpose : on a reçu l’ordre de ne pas soigner ce monsieur.
La dame menace et les tient pour responsables de ce qui adviendra à Siri. Il est
ainsi reconduit sans soins à la prison. Une semaine après, il s’évanouit sous le
coup de ses douleurs. Un prisonnier alerte l’épouse de Siri. Celle-ci arrive
d’urgence à la maison d’arrêt. On refuse de la laisser rentrer. De l’extérieur,
elle appelle les pompiers qui arrivent et l’évacuent d’urgence vers le même
hôpital. C’est à nouveau la même infirmière qui est au poste. Elle refuse
d’intervenir, rappelant ce qu’on lui avait lancé à la figure.  » Ramenez votre
malade puisque vous dites qu’il ne doit pas être soigné.  » Madame Siri qui
assiste à la scène supplie la dame. Elle joint le procureur qui se déplace à
l’hôpital. L’affaire Siri franchit désormais les barrières de la maison d’arrêt.
On ne peut plus ignorer son état de santé. Le lendemain, le procureur revient
voir Siri, accompagné du substitut et d’une autre personne. Siri avait retrouvé
quelques forces. Il en profite pour lui faire le récit de son séjour carcéral.
Le procureur décide de lui accorder 4 jours de permission pour se soigner. Les
permissions vont se succéder depuis et Siri en même temps qu’il se soigne, prend
un avocat. Il obtient la liberté provisoire en février 2013. Pendant sa
détention, son bureau reçoit la visite nocturne de cambrioleurs particuliers qui
subtilisent des documents importants (nous y reviendrons dans une prochaine
édition). Pendant sa liberté provisoire, Siri ne reste pas moins l’objet de
tracasseries. En effet, des agents de police effectueront plusieurs
perquisitions à son domicile de Bobo. Celui de son grand frère à Banfora sera
également perquisitionné. Ces perquisitions seraient commanditées par le
président du TGI de Banfora. Ces émissaires du juge auraient même menacé
d’enfermer madame Siri. Motif, elle a demandé qu’on lui montre le mandat de
perquisition.

Un acharnement sans fin
En liberté provisoire, Siri inspire
manifestement de la peur chez ceux qui l’ont jeté en prison. D’abord le juge. Il
en veut à Siri de trop parler. Après avoir tenté vainement de rencontrer Siri
devenu méfiant, il va voir un de ses collègues commerçants pour l’inciter à
porter plainte contre lui. En effet, Siri reste redevable à ce commerçant auprès
de qui il avait pris la Mercedes C 200 pour le gendarme. Il n’avait pas tout
payé. Une partie de la somme avait été payée en liquide et l’autre par chèque.
Mais le chèque n’avait pas de provision. Nous avons rencontré le commerçant qui
a confirmé. Le juge n’est pas le seul requérant. Le gendarme aussi l’a vu pour
qu’il porte plainte contre Siri. L’objectif commun c’est de renvoyer Siri en
prison pour l’empêcher de parler. Mais l’affaire a largement fuité et le milieu
judiciaire de la place serait aujourd’hui dans le malaise. Quand au CB, il a
retourné le véhicule au commerçant. Nous en avons obtenu confirmation auprès du
commerçant. Il n’a pas obtenu qu’on lui remette le dossier. De plus, l’affaire
est en train de se gâter. Dernière escroquerie, le CB exige que le commerçant
lui rembourse 200 000F. Il aurait dépensé dans la réparation de la Mercedes.
Mais il ne présente aucune facture au commerçant. Le commerçant a bien sûr payé
 ! Quand à Siri, il a fait appel de son jugement et attend que son dossier soit
inscrit au rôle.

Par Germain B.
NAMA

Questions troublantes

Trop d’affaires commerciales se trouvent traitées au pénal. Pas parce qu’elles méritent d’y être mais parce que la procédure inquisitoire qui y a cours permet d’aller vite en besogne. On n’y va pas vite en besogne dans le sens du rétablissement de la justice mais tout simplement parce que l’occasion est propice aux affaires. En l’espèce, des policiers tout comme des gendarmes sont aussi des juges. Ils règlent les affaires, très souvent à leur profit. Il faut un contrôle strict sur la question de la compétence des tribunaux pour éviter des abus. Dans l’affaire qui nous concerne, deux indices méritent attention. TZM, président du TGI à l’époque, muté à la cour d’appel de Bobo n’aurait pas jugé lui-même l’affaire. Le juge qui a présidé l’audience était-il dans le coup ? Le coup de fil reçu par Ablassé laisse croire que plusieurs personnes devraient être « arrosées ». En fait-il partie ? Le jugement qu’il a rendu aurait-il quelque chose à voir avec un partage à la Bouki l’hyène, auquel cas on pourrait comprendre son comportement expéditif. Quand au Procureur du Faso, si rien n’indique qu’il est mêlé à l’entreprise de corruption, plusieurs actes qui lui sont imputés appellent des interrogations. Un : son refus systématique d’entendre le prisonnier Siri dont les nombreuses demandes d’audience sont restées sans suite. Deux : il aurait même chassé de son bureau, une personne venue plaider la cause du prisonnier malade à qui on refuse le droit de se soigner. Nous avons rencontré cette personne qui nous a confirmé les faits. Certes, à sa décharge, on doit reconnaitre quelques actes de justice à caractère humanitaire, telles que les permissions accordées au malade pour se soigner. Mais il a fallu de peu pour que ce soit trop tard. On lui doit aussi d’avoir obtenu la restitution des 100 000 F au prisonnier malade suite à une injonction adressée à l’autorité pénitentiaire. Il reste qu’au bout du compte cette affaire ne le grandit pas, lui non plus. Il est censé être le garant de la bonne administration de la justice. Mais les failles accumulées dans le traitement du dossier plongent in fine l’ensemble de la juridiction dans la suspicion !

GBN