A l’entame du match, on voyait bien que les étincelants Etalons n’étaient dans leur meilleur jour. Les passes arrivaient difficilement, les relances qui étaient la force des garçons de Paul Put, n’étaient pas assurées. Le vaillant Charles Kaboré n’était pas dans son meilleur jour. Cette fois sûrement que le coaching du Belge était mal avisé. Il fallait peut-être prendre le risque, devant autant d’absences, de confier le destin à d’autres garçons. Il fallait sûrement se dire qu’après deux matchs intenses, les garçons étaient épuisés. Les titulaires sont donc passés à côté de leur sujet. Mais comment ne pas les comprendre. Alors disons félicitations aux Super Eagles. Un but de MBA à la 40ème minute a scellé le destin du match. On a cru, mais il n’y avait pas Alain Traoré. C’est évident, que le jour où nous avons perdu ce garçon, nous étions déjà amoindri à près de 60%. Sans Alain, Jonathan n’était pas percutant. C’est vrai aussi que depuis, il n’a pas pu percuter à la hauteur de son immense talent. Mais il nous a qualifié pour la demi-finale. Il a marqué le but qu’il fallait.


Etalons, Deuxième place aussi c’est bon !

C’était formidable. Les burkinabè ont peut-être trop rêvé cette coupe et l’ont raté. Mais il est difficile de leur en vouloir.

 mohamed_koffi-2.jpgMohamed Koffi, l’image d’une défense béton

Quel parcours tout de même ! Pour le Burkina c’est une récompense des années d’efforts, mais peut-être aussi il faut savoir reconnaitre le mérite d’un Burkinabè, Blaise Compaoré. Nous n’avons pas l’habitude de le caresser, mais sur cette performance des Etalons, les Burkinabè lui doivent beaucoup.

 

Maintenant nous sommes dans le gotha

La tradition à la CAN c’est que les finalistes malheureux n’arrivent pas se maintenir forcément. La CAN dernière, celle du Gabon/Guinée Equatoriale, les Eléphants que tout le monde donnait vainqueurs, avant même le match, ont eu un parcours nul en cette édition. Il faut donc aux Etalons revenir rapidement sur terre, pour ne pas connaitre le destin des sénégalais dans cette compétition africaine. Sinon, très rapidement on oubliera que nous avons été finalistes. Cette position là est ingrate et il faut savoir se maintenir et se mettre en position d’être à chaque fois parmi les meilleurs. Le rendez vous immédiat, ce sera la qualification pour la coupe du monde. L’affaire est mal entamée, mais rien n’est perdu. Sauf que nous avons perdu l’homme des situations désespérées, Alain Traoré. 

 

Nous avons rêvé !

De mémoire de burkinabè, c’est la première fois qu’on a vu autant de burkinabè se draper de la bannière rouge-vert étoilée. Les burkinabè se sont retrouvés et ont senti une fierté d’appartenir à cette nation. C’est vrai que ça nous change des clichés qu’on a fait dehors. Des clichés que nous avions fini par intégrer.

Les nations se construisent sur des moments pareils. Partout où ils se sont trouvés, les burkinabè ont été fiers. C’est la demi-finale jouée contre le Ghana et contre l’arbitre qui a été notre match, notre finale. Au sortir de ce match, le Burkina par l’héroïsme et le talent de ses joueurs a conquis définitivement le monde. Ceux qui ont été les plus élogieux à notre endroit, ce sont nos frères ivoiriens. La RTI première n’a jamais autant dit du bien des burkinabè. 

 

Les Etalons nous ont mis sur orbite !

Avec Sankara, on avait mis le Burkina sur une carte du monde. Avec les Etalons, les autres ont commencé à nous reconnaitre un mérite. C’est donc un instant extraordinaire qu’il faut savoir savourer. Mais surtout il faut se mettre déjà à réfléchir sur ce que nous allons faire de cette pôle position acquise sur le rectangle vert. Surtout ne pas tomber dans nos vilains travers. Nous avons l’habitude de nous trouver des moutons noirs pour tout.

 


Mor Alim avait prédit !

Vous vous souvenez sans doute encore de lui. Mort dans des conditions qui n’ont pas toujours été clairement élucidées, en 1998, Mor Alim avait défrayé la chronique par ses prédictions sur la radio Savane FM. Alors que les étalons, que personnes n’attendait, font un parcours très honorable à la CAN, en Afrique du Sud, certains se souviennent que ce marabout mythique avait prédit quelque chose concernant notre onze national.

 Mor Alim avait prédit au moins quatre choses dont deux se seraient déjà réalisées :

La mutinerie des militaires de 2011

La victoire des Etalons en 2013.

 

Prédiction ou pas ce qui est indiscutable, c’est que c’est en Afrique du Sud, en 1996, que le Burkina Faso avait inauguré son retour à ce haut niveau de compétition. Une première participation qui s’était soldée, malheureuse, par une déchirure. Saboteur, l’homme qui avait qualifié le Burkina pour une CAN, pour la première fois de l’histoire de notre football, avait été demis sur place, sans attendre même qu’il revienne au pays. La fédération de Foot était rentrée dans une crise profonde. Une première participation qui s’était transformée en bérézina pour le Burkina.

Le Burkina Faso obtiendra l’organisation de la CAN 98. Les étalons se comporteront mieux. Mais la crise à la FBF ne sera pas résorbée pour autant. En 2000 au Mali, la prestation « Champagne » promise tourne au cauchemar. Puis les burkinabè commencent à se détourner de leur équipe qui aligne les déconvenues. 

2013, alors que personne ne s’y attendait encore, les étalons nous surprennent. Tant mieux si Mor Alim avait vu juste. Paix à son âme. Mais comme disent les chinois, c’est la somme des erreurs et leur bonne exploitation qui aboutissent aux succès. Pour apprendre à marcher l’enfant tombe plusieurs, se fait même des bobos avant d’y parvenir. Les étalons ont connu leur longue et pénible période d’apprentissage, du moins il faut le souhaiter. Maintenant et désormais, les Etalons ont fait leur entrée dans le gotha du football africain. Il faut qu’ils sachent s’y maintenir. Parce que se maintenir durablement au haut niveau est une autre paire de manche.

 

Newton Ahmed BARRY

 

Ils ont dit

Arba Diallo

arba.jpgS’adressant au premier ministre, Luc Adolphe Tiao, après avoir prononcé son
Discours de politique général (DPG) : « soyez Etalon un jour ». Pour apprenez à
gagner au moins un jour comme les étalons.


L’Eglise aussi…

mgr_philip.jpgLe prélat de Ouagadougou a été gagné aussi par l’Etalon mania. Avec le nonce
apostolique, Mgr Vito Ralo, ils ont prié pour souhaiter la victoire du 11
national burkinabè lors de la cérémonie de dédicace de Yagma.


Le chanceux colonel Sita !

sita.jpgIl est venu à la tête de la fédération dans une ambiance quelque peu
embrouillée. Il aura été le président de la fédération burkinabè qui nous a valu
une vraie satisfaction. Il a pris la tête de la fédération et il conduisait les
Etalons pour la première fois à une CAN. Bravo Colonel ! Cette fois l’après CAN
sera rieur pour un président de FBF.