srpj.gifLorsqu’en mars 2016, Etienne Prospère Guigma versait deux millions FCFA d’avance à Dieudonné Bama, il ne doutait pas un seul instant qu’il n’aurait pas son véhicule. Mais lorsque le délai de livraison est largement dépassé, il comprend qu’il a été victime d’abus de confiance.

Comme tout Burkinabè qui se sent apte, Etienne Prospère Guigma, agent de santé, décide de s’acheter un véhicule Rav 4. Il s’en remet alors à Dieudonné Bama qu’il connaît depuis des années. Ce dernier est un peu connu dans le milieu de vente de véhicule. Ainsi le 3 mars 2016, monsieur Guigma verse deux millions comme avance. Une décharge est signée « pour valoir ce que droit ». Le délai de livraison de la voiture est fixé à 45 jours. Ainsi le reste de l’argent, 2 250 000 FCFA, devrait être versé. C’est ainsi que le deal a été conclu entre les deux particuliers.
Mais voilà ! Bama a commencé a accusé des problèmes au niveau du port et de la douane. Un jour du quatrième mois après, soit en juillet 2016, après insistance d’Etienne Guigma, il rassure qu’il était en route pour la douane afin d’effectuer les formalités de dédouanement. Le soir venu et sans nouvelle, monsieur Guigma envoie un message sans suite. « Depuis cet instant, Bama est devenu injoignable. Même à domicile. Un jour de juin (de cette année) on me fait savoir qu’il a déménagé » explique-t-il. Le 8 juillet, Prospère Guigma dépose une plainte à la police judiciaire de Wemtenga à Ouagadougou. Le sieur Bama aurait usurpé même du nom pour le numéro qu’il utilisait. En effet, le policier qui a reçu la plainte a identifié le numéro et le nom qui y figure appartiendrait à une personne d’une nationalité étrangère. Même du côté de sa famille, les parents de Bama n’avaient plus de ses nouvelles. C’est dire que Dieudonné Bama est porté disparu. Le 26 juillet vers 10 h, il est repéré par quelqu’un dans une gare à Gounghin. Il se rendait à Koudougou. La personne qui l’a reconnu informe séance tenante Prospère Guigma. Naturellement, il s’est précipité sur le lieu. Selon ses dires, lorsque Bama l’a vu, il a voulu s’enfuir. « J’ai crié, oh voleur. Il s’est arrêté. J’ai fait appel à la police (SRPJ) qui est venue l’arrêté ». Une seule porte de sortie s’ouvrait à Dieudonné : rembourser l’argent (les deux millions d’avance). Mais, il les a dépensés. Le 4 août ses parents se présentent au poste de police. Selon Guigma, ils avaient pris l’engagement de rembourser la somme due. Ainsi, le 5 août, les deux parties (Guigma et la famille Bama) devraient revenir au commissariat afin de régler l’affaire.
Le frère de Bama, Assaye Bama réfute cette version des faits. « On ne peut pas prendre d’engagement. Ce qu’ils vont faire qu’ils le fassent ». Ce serait donc la position de la famille selon Assaye Bama. Tous nos appels à l’endroit de l’assistant Ilboudo (qui gérait le dossier) pour comprendre cette version de l’affaire sont restés vains.

Une libération qui fait douter Guigma
Le 5 août vers 16h, Prospère Guigma reçoit un appel de l’assistant de police en question. « Il m’appelle pour me signifier que le commissaire Bonswindé Sankara l’a sommé de libérer Bama » Signalons que l’assistant Ilboudo n’était pas de service ce jour-là. Il était chez lui à la maison quand il appelait monsieur Guigma. Ainsi le 8 août, monsieur Guigma se rend au SRJP pour comprendre mieux la situation. «  Ilboudo me fait comprendre que le dossier lui a été dessaisi par conséquent d’aller voir son chef d’équipe, Yaya Karambiri. Ce dernier me fait raconte que le commissaire a dit de le (Bama) libérer sinon il peut mourir en prison. Sa plaie est profonde » Dieudonné Bama est effectivement malade. Mais jusqu’à bénéficier d’une libération pour aller se faire soigner ? Sans même que le plaignant ne soit avisé ? Autant de questions que se pose Prospère Guigma. Homme de santé, il conteste l’argument des policiers. Le commissaire Sankara nous montre leur registre médical. Le 29 juillet et le 3 août, Dieudonné Bama est bien enregistré. Il s’est rendu à l’infirmerie (constituée d’homme de tenue) située à Dagnoën. Le 4 août, il est enregistré pour la 3e fois. Son passage est marqué pour 11h. Comme observation écrite en rouge « nécessité de consultation spécialisée (urgence chirurgicale) » C’est ainsi que le commissaire justifie sa décision de le libérer. Ainsi quand le 5 août les frères de Bama se sont rendus au commissariat, ils l’auraient trouvé dehors. « On m’a dit d’aller me soigner » relate Assaye Bama. Mais depuis lors, Dieudonné Bama est perdu des radars et Guigma doute de la police. Son doute se renforce quand le 2 septembre dernier, il a appelle Yaya Karambiri. Le policier lui aurait dit ceci : « Je n’arrive plus à joindre [Bama]. Je voulais même t’appeler pour savoir si vous avez de ses nouvelles. Le commissaire a dit que si on le trouve on va effectuer une mission spéciale pour aller le prendre » Sur la véracité de ces propos, le policier Yaya Karambiri est hésitant. « Je ne peux pas confirmer » Pour lui, monsieur Guigma l’appelait à tout temps, il ne sait donc plus à quel moment il aurait dit cela.
Pour prendre le commissaire au mot, Bama s’est « échappé ». Dans la mesure où de Ouagadougou, il a été aperçu à Nanoro et à Koudougou. « Il a été aperçu à Koudougou hier (l’entretien a eu lieu le 14 septembre) par nos services » qui sont dans cette ville. Mais pourquoi ils ne l’ont pas arrêté sur le champ ? Dans les explications du commissaire Sankara, rien de concret ne sort. Mais il a promis à plus de trois reprises de mettre la main sur lui. « Je jure qu’on va l’arrêter et le transmettre au parquet » au nom de l’aspect pénal de l’affaire.

Par Basidou KINDA